Présidentielle guinéenne: Test réussi pour les blogueurs et web activistes

0
147

Plus de cinq millions de Guinéens étaient appelés aux urnes le 11 octobre dernier pour élire leur président de la République. La consultation électorale s’est déroulée au lendemain des violents accrochages entre partisans de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée), parti Cellou Dalein Diallo chef de file de l’opposition et du RPG arc-en-ciel, au pouvoir.

A l’issue scrutin, le président sortant Alpha Condé est sorti vainqueur avec 57,85 % selon les résultats provisoires publiés par la CENI (commission électorale nationale indépendante).

Présentation du projet Guinée vote

465 formés dont 215 e-observateurs pour Guinée vote

465 observateurs ont pris part à la formation qui s’est tenue à la Bluezone de Kaloum, en plein cœur de la capitale Conakry. Parmi ces e-observateurs électoraux, 215 étaient au compte du projet Guinée Vote. Pendant deux jours, ils ont été initié à l’utilisation du hashtag #GuineeVote sur Twitter, à la remontée de données via SMS et Ushahidi, à la connaisance du cadre juridique des élections… Le tout avec l’aide de Cheikh Fall, le célèbre blogueur et web activiste sénégalais et initiateur du projet #Sunu2012. Qui au cours de son exposé a rappelé que qui parle d’observation électorale, parle forcement de la circulation de l’information.

Adieu l’observation classique

Si dans les années précédentes, nous attendions jusqu’à la fin des opérations de vote pour parler des dysfonctionnements et irrégularités qui entachent souvent les processus électoraux sur le continent Africain , avec les nouvelles technologies, nous pouvons affirmer à haute voix: «adieu l’observation classique ».

Faisant partie d’une synergie de la société civile appelée le « regard citoyen »regroupant plusieurs plateformes et financée par OSIWA (Open Society Initiative for West Arica), l’association des blogueurs de Guinée (Ablogui) a, à travers son projet « Guinée Vote » participé activement à l’observation électorale.

Quelques Tweets des observateurs de #GuineeVote

Le 11 octobre, les e-observateurs ont montré pour la première fois en Guinée, qu’on peut rompre avec l’observation classique et migrer vers les nouvelles technologies qui prônent l’instantanéité. Au fur et à mesure que le scrutin avançait, l’équipe technique, les chambres d’analyse et politique de la situation Room installées dans les locaux de l’hôtel Riviera de Conakry travaillaient sur les données qu’ils (e-observateurs) collectaient sur le terrain.

Très surpris , pas étonné de l’acte, il m’a fallu reprendre un signalement en tweet, quand on nous a signalés qu’un ministre de la République était en train de montrer aux gens comment voter dans un bureau de vote de Macenta. D’habitude ça passait inaperçu.

#GuineeVote Dans la préfecture de Macenta ,le ministre Louceny Camara est entrain de montrer aux électeurs comment voter au centre TP.

Du retard dans l’ouverture des bureaux de vote, il y en a eu. Du manque de matériels, des Tweets en ont signal. De la lenteur dans les opérations de vote qui a failli tourner dans certains cas au vinaigre les internautes étaient informés de tout ce qui se passait sur le terrain.

À la fin du dépouillement qui mettait terme à la première journée électorale, les e-observateurs engagés dans leur mission, ont commencé à photographier les PV affichés devant les bureaux de vote conforment à la loi électorale en vigueur. Une innovation qui a porté un véritable effet, car jamais de l’histoire du pays je n’avais vu le PV d’une autre localité.

Le lendemain, ils ont suivi la centralisation dans les différentes CACV ( commission administrative de centralisation de vote). Les e-observateurs ont assisté en direct au départ des représentants des partis politiques qui ont décidé de se retirer du processus électoral .

Partout à travers le pays, les Guinéens de l’extérieur comme de l’intérieur ont vécu une journée électorale sur les réseaux sociaux. Plus de 7000 tweets ont été envoyés ce jours sous le hashtag #GuineeVote , une première dans un pays, où le nombre d’internautes était estimé en 2011 à 132 884 , selon la banque mondiale et le taux de pénétration de l’Internet haut devis haut débit de la même année à 0,01 %. Enfin, de la campagne électorale à la tenue du premier tour du scrutin, les blogueurs et web activistes guinéens ont confirmé, qu’il est bien possible de rompre avec l’observation ancienne. Bref, osons le dire, tout n’a pas été rose bien qu’un pas ait été franchi.

P.S : Voir les résultats provisoires de certaines circonscriptions électorales du pays avec les PV ICI.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here